L'histoire de la désinfection par les UV-C

L'histoire de la désinfection par les UV-C

C'est en 1936, il y a 84 ans, qu'un chirurgien a exposé l'air et les surfaces des salles d'opérations chirurgicales aux ultraviolets-C pour découvrir une réduction des maladies nosocomiales post-opératoires d'un facteur x 48.

Mais l'histoire remonte un peu plus loin dans le temps si l'on en croit Nicholas G. Reed.

Dès le 19è siècle, des recherches ont commencé sur l'effet bactéricide de la lumière naturelle. En 1845 on savait déjà que les micro-organismes réagissaient à la lumière. En 1877 Downes et Blunt démontrent que la lumière empêche la croissance de micro-organismes en laboratoire. Ils ont aussi démontré que l'inactivation d'une quantité donnée de bactéries dépendait de l'intensité de l'exposition, de sa durée et de la longueur d'onde.

En 1885 Duclaux met en évidence les différentes sensibilités selon les microbes pour une même dose de lumière du jour.

On touche là les éléments quantitatifs qui nous permettent d'estimer, chez UVescence, que les dispositifs que l'on conçoit détruisent le SARS Co-V2, responsable de la Covid19.

Certaines études entre 1933 et 1935 montrent la transmission de maladies par les particules aérosols et l'efficacité des ultraviolets pour les combattre.

En 1936, après avoir essayé sans succès des méthodes classiques, le Dr. Hart de Duke University Hospital a utilisé des ultraviolets intenses et directs pour la désinfection de l'air d'une salle d'opération de l'hôpital. Le dispositif fut conçu pour illuminer la pièce entière avec une exposition renforcée sur le volume où avait lieu l'opération chirurgicale et sur la table où étaient posés les instruments. Le pourcentage de maladies nosocomiales après intervention sur des blessures passa alors de 11,62% à 0,24%.

En 1960 des chercheurs démontrent l'effet des UV sur la structure de l'ADN. La cassure et la recombinaison de liaisons adjacentes appelées thymines rend le code ADN illisible. Les cellules des micro-organismes deviennent alors incapables de se reproduire.

L’explication fut enfin trouvée.

Mais l'utilisation de cette technique décline au fil du temps...

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Jusqu'à ce qu'une résurgence inattendue de la tuberculose dans les années 1980 aux États-Unis ravive l'intérêt pour la désinfection par les UV. L'action germicide des UV motive alors des études quantitatives et des recommandations sur leur utilisation en toute sécurité.

D'après l'auteur dont est tiré cet article de blog, il convient de faire la distinction entre l'effet biologique et la profondeur de pénétration du rayonnement UV, un concept clé de la sécurité de l'illumination germicide par les UV (IGUV). Les longueurs d'onde UV-C ont le rayonnement le plus biologiquement actif et, paradoxalement, beaucoup moins dangereux pour les humains. C'est parce que le rayonnement UV-C est absorbé par la couche morte externe de l'humain qui constitue sa peau, tandis que les rayons UV-B et UV-A pénètrent plus profondément.

Bien que l'attention à la sécurité IGUV soit importante, car une surexposition à un rayonnement de 254 nm peut facilement provoquer des érythèmes de la peau («coup de soleil») et photokératite aux yeux («Flash de soudeur»), les risques sont considérés comme négligeables pour la santé à long terme par rapport aux expositions solaires courantes aux UV.

De nos jours, la pandémie rend l'utilisation des ultraviolet-C plus que jamais pertinente et nécessaire. On peut donc envisager d'adapter de telles sources de lumières pour des usages courants, au delà du secteur médical ou du traitement des eaux.

C'est un complément efficace aux gestes barrières, à la vaccination et au nettoyage par des détergents (mais moins polluant) !

Source : The History of Ultraviolet Germicidal Irradiation for Air Disinfection

Nicholas G. Reed

U.S. Army Center for Health Promotion and Preventive Medicine, Laser/Optical Radiation Program, Aberdeen Proving Ground, MD

Address correspondence to: Nicholas G. Reed, MCHB-TS-OLO, 5158 Blackhawk Rd., Aberdeen Proving Ground, MD 21010;

tel. 410-436-3000; fax 410-436-5054; e-mail <nick.g.reed@us.army.mil>.